Aller au contenu
Tissé à la main au Maroc · À vos dimensions · Paiement en 2 fois sans frais
Les Heures Fauves

Le journal · Fabrication et authenticité

Comment est fabriqué un tapis berbère, de la tonte au métier à tisser

Fabrication d'un tapis berbère : tonte, lavage, cardage, filage, teinture, métier vertical, nouage et finitions. Chaque étape expliquée simplement.

En bref : la fabrication d'un tapis berbère suit toujours le même chemin. La laine est tondue, lavée, cardée puis filée à la main. Elle est teinte ou laissée naturelle. La tisserande monte la chaîne sur un métier vertical, noue le velours rang par rang en tassant des fils de trame, puis égalise, coupe et lave le tapis. Rien n'est automatisé.

Les étapes de la fabrication

Tapis noué ou tissé à plat, le chemin est le même jusqu'au métier. Ce qui change ensuite, c'est la façon de former la surface : des mèches nouées qui font un velours, ou des fils de trame qui dessinent le motif à plat. Voici l'ordre des opérations.

  1. Tonte des moutons, en général à la belle saison.
  2. Tri et lavage de la toison, pour retirer la terre, les débris végétaux et une partie du suint.
  3. Cardage : les fibres sont démêlées et aérées entre deux cardes à main.
  4. Filage au fuseau : un fil serré pour la chaîne, un fil plus souple pour le velours.
  5. Teinture d'une partie des écheveaux, ou aucune teinture pour les tapis écrus.
  6. Montage de la chaîne sur le métier vertical.
  7. Tissage : rangs de nœuds, passes de trame, tassage au peigne.
  8. Finitions : égalisation du velours, lisières, franges, lavage final et séchage.

De la toison au fil

Tout commence par la laine des moutons de l'Atlas. Une toison brute est grasse, chargée de suint et de poussière. Elle est triée à la main : les parties les plus longues et les plus propres servent au velours, les plus courtes ou abîmées sont écartées. Le lavage enlève la saleté sans retirer toute la lanoline, cette graisse naturelle qui protège ensuite la fibre des salissures.

Vient le cardage. Les fibres passent entre deux planchettes hérissées de pointes métalliques, jusqu'à former un voile léger et régulier. C'est un travail long et peu visible, mais il conditionne la qualité du fil : une laine mal cardée donne un fil bosselé qui se casse.

Le filage se fait au fuseau. La fileuse étire les fibres et les tord pour qu'elles s'enroulent sur elles-mêmes. Plus la torsion est forte, plus le fil est solide et fin. C'est pourquoi on distingue deux fils : celui de la chaîne, très tordu, qui porte toute la structure du tapis, et celui du velours, plus lâche, qui s'ouvre et donne le moelleux. Nous détaillerons dans un article à part ce qui distingue les laines entre elles.

Teindre ou garder la laine naturelle

Une partie des tapis n'est pas teinte du tout. Le fond écru d'un tapis Beni Ouarain est la couleur naturelle de la laine, et les lignes brunes ou noires sont souvent tracées avec la laine de moutons naturellement foncés. D'autres familles, comme l'Azilal ou le Boujad, utilisent des laines teintes : plantes et minéraux autrefois, colorants de synthèse pour une large part de la production actuelle. La teinture se fait sur les écheveaux, avant le tissage, jamais sur le tapis fini.

Les variations de ton d'un même fil teint en plusieurs bains sont normales. On les voit sous forme de bandes légèrement différentes dans le fond du tapis.

Le métier à tisser vertical

Le métier berbère est un cadre dressé : deux montants, une ensouple en haut, une en bas. Les fils de chaîne sont tendus de l'une à l'autre, serrés et parallèles. Ce sont eux qui donnent la largeur du tapis et qui ressortent aux extrémités sous forme de franges. La tension de la chaîne doit rester égale sur toute la largeur : une chaîne plus lâche d'un côté donne un tapis qui ondule ou dont les bords ne sont pas droits.

La largeur du métier limite celle du tapis. Pour les grands formats, plusieurs tisserandes s'installent souvent côte à côte devant le même métier et avancent ensemble, rang après rang.

Nouer, tasser, recommencer

Sur un tapis noué à la main, la tisserande enroule une courte mèche de laine autour de deux fils de chaîne voisins, ramène les deux bouts vers l'avant, puis coupe. Elle répète le geste sur toute la largeur. Une fois le rang de nœuds terminé, elle passe un ou plusieurs fils de trame d'un bord à l'autre et les tasse vers le bas avec un lourd peigne en métal. Le tassage bloque les nœuds et rend le tapis compact.

Le motif n'est pas dessiné sur la chaîne : la tisserande le construit de mémoire ou en suivant un modèle, rang par rang, en changeant de couleur de mèche. C'est ce qui explique les petites asymétries d'un vrai tapis Mrirt ou Beni Ouarain.

Un kilim ne comporte aucun nœud. Les fils de trame colorés passent dessus et dessous les fils de chaîne et forment le motif directement : le tapis est fin, et le dessin se lit sur les deux faces. Notre guide des types de tapis berbères compare les familles nouées et tissées à plat.

ÉlémentTapis noué (velours)Kilim (tissage à plat)
Ce qui forme la surfaceMèches nouées autour de la chaîneFils de trame entrecroisés
Épaisseur courante1 à 3,5 cm selon la famille0,5 à 1 cm
EnversRangs de nœuds visiblesMotif lisible, presque identique
Rôle du tassageBloquer les nœudsSerrer la trame et couvrir la chaîne

Les finitions

Une fois le dernier rang tassé, le tapis est encore hirsute. Les mèches sont égalisées aux ciseaux ou à la cisaille pour obtenir une hauteur de velours régulière : longue pour un Beni Ouarain, plus courte pour un Azilal. Les lisières, ces bords latéraux renforcés par un fil enroulé autour des derniers fils de chaîne, sont terminées. La chaîne est coupée en haut du métier et les franges sont nouées pour empêcher les derniers rangs de glisser.

Le tapis est ensuite lavé à grande eau, ce qui retire la poussière du tissage et assouplit la laine, puis séché à plat. Un tapis neuf garde encore quelques fibres libres qu'il perd pendant les premières semaines : notre guide d'entretien explique comment les aspirer sans abîmer le velours.

Les sujets à approfondir

Chaque étape mérite son propre article : le nœud berbère et sa différence avec le nœud persan, la laine et ses qualités, les teintures naturelles, le métier vertical, le temps réel de tissage, les signes qui distinguent un tapis fait main d'un tapis machine, l'épaisseur et la densité du velours, les franges et lisières. Nous les publions au fil des semaines.

Chez nous, chaque tapis est noué ou tissé à la main au Maroc après la commande, dans une taille proposée ou sur mesure au centimètre. Comptez 6 à 10 semaines entre le règlement et la livraison, tissage compris, avec une photo du tapis terminé avant l'expédition.

Questions fréquentes

Qui fabrique les tapis berbères ?

Ce sont traditionnellement des femmes qui filent et tissent, à la maison ou au sein de coopératives. Le savoir se transmet par l'apprentissage, en travaillant à côté d'une tisserande expérimentée.

Un tapis berbère est-il tissé ou noué ?

Les deux existent. Les tapis à velours comme le Beni Ouarain, le Mrirt ou l'Azilal sont noués ; les kilims sont tissés à plat, sans nœuds. Les deux se font sur le même métier vertical.

Le motif est-il dessiné avant le tissage ?

En général non. La tisserande construit le motif rang par rang, de mémoire ou d'après un modèle. C'est ce qui donne aux lignes leurs légères irrégularités.

Pourquoi un tapis neuf perd-il des fibres ?

Après l'égalisation du velours, des brins coupés restent pris dans les mèches. Ils sortent pendant les premières semaines d'usage, puis la perte diminue et s'arrête.

Peut-on commander un tapis berbère fabriqué à ses dimensions ?

Oui, puisque le tapis est monté sur le métier après la commande. La largeur et la longueur se choisissent au centimètre ; un tapis noué à la main peut toutefois varier de quelques centimètres.